La solidarité ne doit pas être la variable d’ajustement du budget de l’Etat
Communiqué de presse du 19/06/2014

L'Uniopss, qui représente le secteur social, médico-social et sanitaire à travers ses 750 000 emplois, ses 23 unions régionales et ses adhérents nationaux, déplore le rude tribut payé par la solidarité dans les deux projets de lois de finances et de financement rectificative (PLFR et PLFSSR) qui seront prochainement présentés au parlement.

La réduction des crédits sur les programmes sociaux (diminution des crédits de la protection judiciaire de la jeunesse, baisse notable du programme d’investissements d’avenir - PIA - comme celle de l’ONDAM) sont source d’inquiétudes et d'interrogations sur les actions qui vont être très concrètement impactées.

L’Uniopss rappelle la nécessité de revenir sur le gel des aides au logement initialement prévu dans les projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale rectificative (allocation de logement à caractère social – ALS ; aide personnalisée au logement – APL ; allocation de logement à caractère familial) afin de ne pas pénaliser les plus fragiles dont le budget se contracte de plus en plus. Certes, la commission des Finances de l’Assemblée nationale a voté le 18 juin la suppression du gel de l’ALS et de l’APL, et un amendement similaire devrait concerner l’allocation de logement à caractère familial, ce dont l’Uniopss se félicite. Il conviendra néanmoins de bien veiller à ce que ces décisions soient confirmées lors du vote des textes par les députés.

L’Uniopss constate par ailleurs la réduction des cotisations sociales patronales finançant la Branche Famille. Tout en espérant que cette mesure constituera un levier pour l’emploi, l’Union demeure inquiète face à l'absence de visibilité sur la manière dont cette réduction sera compensée. Nous resterons vigilants à ce qu’elle n’impacte pas les familles, et notamment les plus vulnérables.

Concernant le Crédit d'impôt compétitivité Emploi (CICE), dont les structures commerciales vont continuer de bénéficier, l’Uniopss déplore une nouvelle fois la mise à l’écart des associations ainsi que l’absence de propositions du gouvernement pour les acteurs du secteur. Elle rappelle les engagements pris lors de la signature, le 14 février 2014, de la Charte des engagements réciproques, visant à construire une véritable relation partenariale entre l’Etat, les collectivités territoriales et les associations.

En outre, pour que les associations puissent jouer pleinement leur rôle de vecteur de croissance, d’emploi et de solidarité, il est essentiel qu’une compensation par une révision de la taxe sur les salaires soit mise en place, afin que les acteurs associatifs bénéficient eux aussi de cet allégement des charges. Cela se traduirait très concrètement, en lien avec leur caractère non lucratif, par une affectation de ces ressources financières pour des actions, c'est-à-dire des créations d’emplois et des réponses supplémentaires aux personnes accompagnées.

L’Uniopss se réjouit néanmoins des mesures fiscales pour les ménages les plus modestes. Elle appelle le gouvernement et les parlementaires à ne pas faire de la solidarité, sa variable d’ajustement. La crise du lien social que traverse notre pays mérite en effet une vigilance de chaque instant et la mobilisation de tous.

Contact presse : Valérie Mercadal – 01 53 36 35 06 / 07 – vmercadal@uniopss.asso.fr


(c) Réseau Uniopss-Uriopss, 19/06/2014
FICHE N°77696
Mis à jour le : 19/06/2014
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